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Interview de Frantz Yvelin, PDG d’Aigle Azur

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23 novembre 2018

Propos recueillis par Michel Foraud

M&T – Vous avez pris les commandes d’Aigle Azur mi-2017 dans un contexte plutôt tendu. Un an après, comment se porte la compagnie ?

Elle se porte beaucoup mieux qu’il y a un an. Il y a un an, Aigle Azur ne faisait pas de long-courriers, elle en fait, elle n’avait pas d’Airbus A 330, elle en a deux, elle était principalement centrée sur le bassin méditerranéen, elle y est toujours et dessert également le Brésil et la Chine, s’est renforcée en Europe, a ouvert une ligne domestique tout en ayant noué des partenariats stratégiques avec de nombreuses compagnies. Donc, le terme de réinvention que j’ai utilisé il y a quelques mois était parfaitement justifié.

M&T – Être pilote vous a-t-il aidé à affronter les turbulences en interne ?

Être pilote ne résout pas les problèmes, ça aide à instaurer une relation plus franche, parfois plus technique, notamment avec les pilotes de l’entreprise, mais également avec les personnels navigants commerciaux. On peut se féliciter d’avoir des professionnels du transport à la barre de compagnies aériennes françaises. Nous avons d’excellents pilotes chez Aigle Azur, on leur fait une confiance totale, ils pilotent des avions, moi je pilote la compagnie !

M&T – Justement, quel est son profil ?

Aigle Azur, c’est d’abord la seule compagnie française à afficher 72 ans d’expérience. C’est aussi la deuxième compagnie française en termes de passagers – plus de 2 millions cette année et sans doute près de 3 millions en 2019 –, c’est aussi 1 200 salariés, une flotte de 12 Airbus très récents, 1 200 vols par mois opérés vers l’Algérie – qui reste notre premier marché –, le Portugal, le Liban, le Brésil (ouvert le 5 juillet), la Chine (ouvert le 5 septembre), le Mali, le Sénégal, l’Allemagne, l’Italie (ouvert le 14 septembre) et la Russie.

M&T – Prévoyez-vous d’autres ouvertures ?

Pour l’heure, nous nous concentrons sur les lignes récemment inaugurées. Sinon, nous avons plein de projets, notamment en Asie et en Amérique du Sud, où nous avons l’intention de devenir un acteur reconnu. Nous sommes aidés en cela par les deux partenariats stratégiques conclus avec Hainan Airlines (4e compagnie d’Asie) et Azul (3e compagnie brésilienne). Mais nous avons également la volonté de nous développer sur nos bases de province, notamment la première d’entre elles, Lyon, qui bénéficie depuis quelques jours d’une nouvelle ligne vers Nantes. Nous n’avons pas non plus l’intention de rester les mains dans les poches à Marseille, notre seconde base régionale.

M&T – Que nous dit le fait que vous soyez le plus jeune président d’une compagnie aérienne ?

J’ai la chance de faire depuis 12 ans un métier que j’aime, dans un secteur que j’aime et avec des gens que j’aime et qui me le rendent bien je crois. Ca fait 10 ans que je suis le plus jeune, mais cela devrait – je l’espère – changer dans les années à venir. D’autres jeunes ont leur place dans notre secteur.

M&T – L’entrepreneur que vous êtes – à l’origine de l’Avion et de La Compagnie – n’est-il pas frustré de « n’être que PDG » d’Aigle Azur ?

Il a y eu une volonté de l’actionnariat d’Aigle Azur d’avoir un véritable entrepreneur à la tête de la compagnie. C’est un vrai changement, il y a un contact qui n’existait pas avant, un style nouveau, je pense que cela profite aujourd’hui à Aigle Azur. J’ai créé dans ma vie 2 compagnies aériennes et j’ai la chance de participer à la recréation de la 2e compagnie française. C’est une marque de confiance des actionnaires, à commencer par un grand monsieur du transport aérien, David Neeleman, avec qui je suis heureux de travailler.

M&T – …en même temps, vous n’êtes pas actionnaire de la compagnie ?

Pas encore, mais je le serais très bientôt…

M&T – Si vous deviez définir le « produit » Aigle Azur ?

C’est un produit de substitution qui apporte un choix qui n’existait pas sur le marché français. Sur bon nombre de destinations, le choix était entre Air France et ses partenaires, aujourd’hui, il y a Aigle Azur qui permet d’aborder de nouveaux horizons en vols réguliers avec des produits éco et affaires. Aigle Azur est la seule compagnie hors groupe Air France à offrir des possibilités de connexion, vous pouvez partir de Milan et aller au Brésil ou de Berlin pour aller en Chine.

M&T – Comment jugez-vous l’arrivée de Benjamin Smith à la direction d’Air France-KLM ?

Je pense que c’est une chance pour Air France d’avoir enfin à sa tête un acteur du secteur. Les challenges qui l’attendent sont nombreux, je lui souhaite bonne chance, j’espère qu’il saura bien s’entourer et faire le ménage parmi les dinosaures dont il n’a plus besoin. Certains l’ont perçu comme un danger, je crois au contraire que c’est un vrai plus pour Air France. Après, il faut que l’Etat reste bien dans son rôle et traite l’ensemble des acteurs du transport aérien de la même manière, ce qui n’a pas été toujours le cas.

M&T – Enfin, quelle est votre approche du marché Mice ?

Nous avons un vrai produit qui répond aux attentes du voyageur d’affaires. Concernant le Mice, nous traitons déjà beaucoup de groupes comme ce fut le cas en 2017 avec l’affrètement par une société au départ de Paris de 5 de nos appareils, une opération qui s’est renouvelée cette année au départ de Lyon cette fois avec l’affrètement de 7 de nos appareils. Preuve de l’intérêt que nous portons à ce segment.

Pour plus d’informations : www.aigle-azur.com

 

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