Malgré 205 millions de passagers en 2024, les aéroports français peinent à retrouver les niveaux d’activité d’avant crise contrairement à nombre de leurs homologues européens. La faute à la fiscalité selon Thomas Juin, le Président de l’Union des Aéroports Français.

Les passagers se bousculent dans les aéroports, les avions sont pleins et pourtant les aéroports français font grise-mine. Thomas Juin, le Président de l’Union des Aéroports Français (UAF) vient de tirer la sonnette d’alarme : malgré 7 millions de passagers en plus en 2024 (+3,6% sur 2023), le trafic est toujours en retrait de 4% par rapport à 2019 et le nombre de mouvements est en recul de 10,3%, même s’il a progressé de 0,6% entre 2023 et 2024. Un grand nombre de plateformes hexagonales ne se sont pas remises de la crise et le décrochage est évident pour la France face à ses concurrents européens qui ont globalement enregistré de très bons résultats en 2024, avec une progression de 1,8% du trafic passagers par rapport à 2029. Ce sont les plateformes d’Europe du Sud qui ont vu leur activité le plus progresser, notamment en Grèce et en Turquie avec respectivement + 22,1% et 23,1% par rapport à 2019. A l’inverse, l’Allemagne et la Finlande ont vu leur trafic chuter de 16,1 % et de 24,9%. La France fait certes mieux, mais elle figure parmi les pays jugés à la traine en Europe, au même titre que la Belgique et le Danemark.

Pour expliquer ce décrochage français, Thomas Juin pointe du doigt « les augmentations massives de la fiscalité du transport aérien qui conduisent des compagnies, au premier rang desquelles les low-cost (44,1 % du trafic total), à fuir les aéroports français », contrairement à l’Espagne et l’Italie qui ont fait le choix de ne pas surtaxer leur transport aérien, ajoutant que la France n’est plus considérée comme un pays accueillant pour les compagnies aériennes.