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Interview Pierre-Louis Roucaries Président délégué d’UNIMEV

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11 mai 2021

Les récentes annonces du Président de la République ont redonné le moral aux acteurs de la filière évènementielle, à la peine depuis plus d’une année. Le point avec le Président délégué de l’Union Française des Métiers de l’l’Evènement.

M&T / 14 mois après le premier confinement, il semble que l’on entrevoit enfin la sortie de crise. Comment avez-vous reçu les annonces du Chef de l’Etat confirmant une réouverture à compter du 19 mai des lieux de congrès, d’exposition et de salons ?

Les échanges ont été très nombreux ces dernières semaines entre UNIMEV et les représentants du Gouvernement. L’annonce présidentielle, qui a surpris tout le monde, nous a enfin offert de la visibilité à travers ce calendrier de réouverture. La lumière au bout du tunnel ! Le secteur avait un besoin vital de cette visibilité. Comme nous le répétons depuis des mois, l’organisation d’un événement nécessite de long mois de préparation, de commercialisation, de communication, de création. Cette réouverture annoncée par Emmanuel Macron (même en conditions dégradées, jauges, pass sanitaire…), va permettre à l’événementiel professionnel de se projeter dans de bonnes conditions et ainsi espérer travailler de manière « normale » en septembre. Toutefois, il reste des interrogations que nous ne manquerons pas de traiter à l’occasion des futures réunions avec les différents services de l’Etat.

M&T / Les acteurs de l’évènementiel seront-ils prêts le 19 mai pour accueillir les évènements ? Ont-ils d’ailleurs des réservations ?

Le 19 mai concerne la réouverture des congrès, séminaires et événementiel d’entreprise (ERP de type L). La jauge à respecter sera de 35% dans une limite maximale de 800 personnes en intérieur et 1000 personnes en extérieur. Les acteurs, organisateurs, lieux, prestataires, bien que secoués par cette trop longue crise, sont prêts et remotivés. Concernant les réservations, nous avons confirmation que les clients répondent présents. Ils sont très demandeurs d’événements physiques après des mois de télétravail, de visio-conférence ou de webinar. Les premiers retours sont donc positifs.

M&T / La jauge de 5 000 en vigueur à partir du 9 juin est-elle un frein à la reprise ? Envisagez-vous plutôt cette reprise en septembre ?

Cette étape permet aux foires et salons de type T de retravailler. C’est déjà un pas en avant significatif qui va nous permettre de remettre la machine en marche. La reprise effective de l’événementiel se fera petit à petit. On table, en effet, sur une reprise plus forte en septembre. Mai et surtout juin permettront surtout de se réactiver ou de commercialiser.

M&T / Quel est le moral des troupes ? Dans quelles conditions va se faire le redémarrage de l’activité pour la plupart des acteurs du secteur ?

Le moral revient petit à petit. Maintenant, il faut tâcher d’effacer la fatigue, le stress et le désespoir des derniers mois. Le redémarrage qui va se faire en douceur permettra de remettre le pied à l’étrier afin d’être fin-prêt pour la rentrée de septembre.

M&T / La crise a été la plus sévère que l’évènementiel ait connu depuis un demi-siècle. A combien s’élèvent à ce jour les pertes ? Certains ont-ils jeté l’éponge ?

D’après les études et sondages qu’UNIMEV a menés avec le LEADS et CREALIANS, le chiffres d’affaires du secteur événementiel professionnel aurait baissé de 75% l’an dernier. Également, on estime à environ 20% les dépôts de bilan des sociétés de notre filière. Les aides ont cependant permis d’éviter une plus grosse catastrophe. Dans un sondage antérieur daté de novembre dernier, 50% des chefs d’entreprises de la filière s’imaginaient être en faillite en avril de cette année.

M&T / Faut-il que l’Etat maintienne les mesures de soutien qu’il a mis en place depuis un an ? Jusqu’à quand ?

Il faut effectivement des confirmations sur les aides au secteur. Que les mesures de soutien prévues par l’Etat dans la période transitoire entre la réouverture et la reprise effective soient maintenues et ce au moins jusqu’à la fin de l’année 2021. En effet, le retour des clientèles régionales, nationales ou internationales ne se fera que très progressivement. Le besoin d’un soutien en matière de fonds de solidarité, d’activité partielle et d’exonération de charges patronales sera vital jusqu’à la fin de l’année pour appuyer ce redémarrage.

M&T / Si la vraie reprise se dessine d’ici à 2022, combien faudra-t-il d’années avant que le secteur de l’évènementiel retrouve un niveau d’activité comparable à ce qu’il était avant 2020 ?

La remise en route de l’événementiel professionnel et du tourisme d’affaire sera lente. La concurrence internationale est forte et en avance sur les annonces de calendrier de reprise. La clientèle étrangère, quant à elle, ne reviendra pas tout de suite. Il est certain que pour atteindre le niveau d’avant crise, il faudra quelques années à la filière. Mais nos talents humains sont toujours présents. Notre savoir-faire reconnu mondialement n’a pas disparu. Nous reconstruirons un des fleurons de l’économie française !

M&T / A la sortie de cette crise, faut-il réinventer l’évènement ? Les lieux vont-ils devoir changer leur logiciel ?

Les événements vont forcément devoir se réinventer. Le digital aura permis des choses mais l’envie de se retrouver en présentiel est forte. Le physique et le digital seront, nous pensons, souvent associés et non concurrents. L’autre sujet important est comment penser les événements de demain ? Des événements nécessairement plus responsables, plus écologiques, plus éthiques… UNIMEV oeuvre sur ce plan de transition de la filière via notamment sa plateforme prospective www.linnovatoire.fr www.unimev.fr

 

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